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Comment organiser un road trip de 10 jours au Maroc ?

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par Patrick

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Dix jours, une voiture, et le Maroc qui défile. Difficile de trouver une formule plus efficace pour saisir l’âme d’un pays aussi contrasté. En une seule boucle, on passe des …

road trip Maroc

Dix jours, une voiture, et le Maroc qui défile. Difficile de trouver une formule plus efficace pour saisir l’âme d’un pays aussi contrasté. En une seule boucle, on passe des souks bouillonnants de Marrakech aux dunes orangées de l’Erg Chebbi, on grimpe dans le Haut Atlas, on dort dans une kasbah de pisé puis on se réveille au cœur d’une oasis. Reste à bien doser. Trop d’étapes tue l’étape.

Voici un itinéraire éprouvé, pensé pour respirer entre les kilomètres et profiter vraiment de chaque halte.

Pourquoi choisir le road trip plutôt qu’un circuit organisé ?

La liberté, d’abord. Au Maroc, les plus beaux moments arrivent rarement quand on les a programmés. Un thé partagé avec un berger sur le col du Tichka. Une halte improvisée dans la vallée du Ziz parce que la lumière dévore les palmiers. Un détour vers un atelier de poteries à Tamegroute. Avec un véhicule, vous décidez.

Ensuite, la fluidité. Les routes principales sont en bon état et bien signalées, le pays se conduit sans difficulté majeure pour qui sait rester vigilant. Le permis français est accepté, aucun document international n’est exigé pour un séjour touristique.

Pour la location, mieux vaut passer par une enseigne installée et fiable. Je vous conseille de réserver depuis le site officiel de Hertz, qui dispose de comptoirs dans les aéroports de Marrakech, Casablanca, Fès, Agadir et Ouarzazate. L’option aller simple (prise du véhicule à Marrakech, restitution à Fès) évite des centaines de kilomètres de retour inutiles.

Une compacte ou un petit SUV 2 roues motrices suffit largement pour la boucle classique. Le 4×4 ne se justifie que si vous comptez vous aventurer sur les pistes vers l’Erg Chigaga ou les vallées les plus reculées de l’Anti-Atlas.

Jour 1 et 2 : Marrakech, le baptême du feu

Posez vos valises dans un riad de la médina. Deux nuits sont nécessaires pour décrocher du décalage et apprivoiser la ville. La place Jemaa el-Fna se vit deux fois dans la même journée, le matin pour les pressés d’orange et le soir pour les conteurs et la fumée des grillades.

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Glissez-vous dans les souks sans GPS, perdez-vous, c’est même conseillé. La medersa Ben Youssef et les jardins Majorelle valent le détour, le palais Bahia aussi. Réservez une table dans un restaurant traditionnel le soir. Vous repartez le lendemain matin frais et lavé de la fatigue du voyage.

Jour 3 : la traversée du Haut Atlas vers Aït Ben Haddou

Voici l’un des grands moments du périple. La N9 grimpe en lacets jusqu’au col du Tizi n’Tichka, à 2 260 mètres. Comptez quatre à cinq heures de route pour rallier Ouarzazate, mais oubliez votre montre. Chaque virage offre un belvédère, chaque hameau berbère une raison de s’arrêter. Faites le plein avant de partir, les stations se raréfient en altitude.

Avant d’arriver à Ouarzazate, déviez de quelques kilomètres pour atteindre Aït Ben Haddou. Ce ksar de terre ocre, classé à l’UNESCO, a servi de décor à Gladiator, Game of Thrones et Lawrence d’Arabie. Dormez sur place pour profiter du lever de soleil sur les remparts. La lumière y est tout simplement irréelle.

Jour 4 : la route des mille kasbahs jusqu’aux gorges du Dadès

Le matin, vous filez vers Skoura et sa palmeraie. La kasbah Amerhidil mérite l’arrêt, elle figure d’ailleurs sur les billets de cinquante dirhams. Continuez ensuite par la vallée des Roses, magique en avril et mai pendant la floraison.

Direction les gorges du Dadès en fin d’après-midi. Les fameux « doigts de singe », ces formations rocheuses qui ressemblent à des coulées figées, offrent un spectacle saisissant au coucher du soleil. Posez-vous dans une auberge perchée. Les nuits y sont fraîches même en été, la vue depuis la terrasse en vaut chaque dirham.

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Jour 5 : les gorges du Todgha et cap sur le désert

Démarrez tôt. Les gorges du Todgha, ces falaises de 300 mètres qui se resserrent au point de ne plus laisser passer qu’un filet de jour, méritent une heure de marche au calme avant l’arrivée des bus. Une petite randonnée accessible à tous suffit pour comprendre l’échelle de l’endroit.

L’après-midi, route vers Merzouga. Comptez environ trois heures depuis Tinghir. Le paysage se transforme à mesure que les montagnes s’aplanissent. Les premières dunes apparaissent sur l’horizon comme une promesse.

Jour 6 et 7 : Merzouga et le Sahara

Deux jours sur place ne sont pas de trop. Le premier soir, montez à dos de dromadaire vers le bivouac et dormez sous une tente berbère traditionnelle. Le silence du désert, une fois la nuit tombée, n’a aucun équivalent. Les étoiles non plus.

Le lendemain, alternez. Une session de quad ou de 4×4 dans les dunes le matin, une sieste dans un riad avec piscine l’après-midi, puis un dernier coucher de soleil sur l’erg Chebbi. C’est probablement de cette nuit-là que vous parlerez encore dans dix ans.

Jour 8 : la longue traversée vers Fès

La journée la plus longue du parcours, environ huit heures de route. Mais aussi l’une des plus belles. Vous remontez par la vallée du Ziz, une oasis verdoyante encaissée entre des falaises rouges. Faites une halte au café panoramique surplombant la vallée, c’est un grand classique des voyageurs.

Passage par Midelt pour le déjeuner, puis traversée du Moyen Atlas et de sa forêt de cèdres. Avec un peu de chance, vous croiserez les macaques de Berbérie qui peuplent les bois autour d’Azrou. Arrivée à Fès en fin de journée.

Jour 9 et 10 : Fès, le grand final culturel

Fès el-Bali est la plus grande médina médiévale au monde et sans doute la plus authentique. Engagez un guide pour la première demi-journée. Vous comprendrez l’histoire des tanneries Chouara, des fondouks et de la mosquée Quaraouiyine, fondée en 859. Sans guide, on se perd vraiment dans ce labyrinthe.

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Réservez votre dernière soirée pour les remparts mérinides au coucher du soleil. La ville s’illumine en contrebas, l’appel à la prière monte en écho depuis cent minarets. Restitution du véhicule le lendemain matin à l’aéroport Fès-Saïs avant l’envol retour.

Quelques conseils de conduite à garder en tête

Le code marocain ressemble au nôtre. Les limitations sont fixées à 60 km/h en agglomération, 100 km/h sur les nationales et 120 km/h sur autoroute. Les radars sont nombreux et l’amende se règle souvent immédiatement, en espèces, alors gardez toujours quelques centaines de dirhams en liquide. Tolérance zéro pour l’alcool au volant.

Évitez de conduire de nuit en dehors des villes. Les charrettes mal éclairées, les troupeaux qui traversent et les piétons sur le bas-côté rendent la chose hasardeuse. Faites le plein dès que la jauge descend sous la moitié, surtout dans l’Atlas et près du désert. Et inspectez bien votre véhicule à la prise en charge en photographiant chaque éraflure existante.

Quand partir pour profiter pleinement ?

Le printemps reste la meilleure fenêtre, d’avril à mai. Températures douces partout, vallées en fleurs et désert encore tempéré. L’automne (octobre-novembre) suit de près, avec des couleurs splendides sur les kasbahs. Évitez juillet et août, le Sahara devient impraticable et Marrakech atteint régulièrement les 45 °C. L’hiver garde son charme, mais le col du Tichka peut fermer ponctuellement à cause de la neige.

Préparez votre itinéraire, réservez vos nuits stratégiques (Aït Ben Haddou et Merzouga surtout), gardez de la souplesse pour le reste. Le Maroc, vous le verrez, sait toujours offrir bien plus que ce qu’on a planifié.

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